A tribute from Les Echos

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La grande famille de la presse a perdu l’un de ses meilleurs « reporters ». Fred Kapner, Europe News Editor du « Financial Times », est décédé le 28 décembre, à quarante-cinq ans, d’une rupture d’anévrisme.

Avant d’être nommé à Londres en septembre 2004, il avait été correspondant du « Financial Times » à Milan à partir de 2001, après avoir passé plusieurs années chez Bloomberg à Londres et à l’Agence Dow Jones en Italie.

La différence entre un bon journaliste et un « grand pro » n’est pas seulement dans la compétence mais dans la sensibilité. Profondément sensible, Fred Kapner l’était assurément. Profondément honnête et rigoureux aussi. Honnête par son sens du terrain et de l’interprétation des événements. Rigoureux par sa dévotion quotidienne à l’actualité et à la vérification presque maniaque des faits. Il n’était pas de ceux qui restent tranquillement à attendre les appels assis derrière un bureau. Toute son énergie, son attention, sa passion pour l’envers du miroir, il la dédiait inlassablement à la « couverture de l’événement ».

Une seule chose l’agaçait, le désarçonnait presque : l’anecdotique, le côté trivial ou apparemment secondaire qui s’insinue parfois dans la ronde des événements. Parfaitement trilingue, d’éducation anglo-saxonne mais né de mère française, expatriée à New York, Fred Kapner était tombé amoureux de l’Italie, où il avait choisi son épouse. C’est sans doute ce métissage culturel qui lui a permis de mieux cerner et de décrypter un pays qui échappe souvent aux visions toutes faites. Il fut par exemple, l’un des journalistes étrangers à suivre avec le plus de passion et de ténacité la naissance et l’évolution du « scandale Parmalat » à partir de janvier 2003. Au point de se replonger parfois, à l’heure du bouclage, dans « La Chartreuse de Parme » pour rechercher une trace, un nom, un épisode révélateur... Mais une seule chose importait plus pour lui que toute l’actualité du monde, c’était la voix de ses deux petites filles, Sveva et Giulia. A elles, à leur mère, Paola, et à ses parents, la rédaction des « Echos » et celui qui a partagé son bureau à Milan pendant trois ans, adressent leurs plus sincères condoléances.

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